LE LIVRE DE LA DISTANCE

2020 | Canada | Réalisé par Randall Okita | Produit par David Oppenheim et Anita Lee | Français, Anglais, Japonais, Coréen

 25 min


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Un pèlerinage interactif dans une émouvante histoire d’immigration et de famille, à la recherche d’un passé perdu.
⎯⎯⎯ Randall Okita

En 1935, Yonezo Okita quitte sa maison d’Hiroshima, au Japon, et commence une nouvelle vie au Canada. Puis, la guerre et le racisme cautionné par l’État viennent tout changer : il devient l’ennemi. Trois générations plus tard, son petit-fils, l’artiste Randall Okita, nous convie à un pèlerinage interactif virtuel dans une émouvante histoire d’immigration et de famille, à la recherche d’un passé perdu. Le livre de la distance est conçu pour être diffusé dans des centres d’art, des musées et galeries d’expositions, des lieux mis en scène pour rendre l’expérience tangible.

À PROPOS DE L’EXPÉRIENCE
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Le livre de la distance est une expérience de réalité virtuelle interactive à l’échelle d’une pièce, qui imagine de nouvelles façons de raconter des histoires personnelles.

L’expérience débute avec un vieil album photo en papier noir — du genre que nos grands-parents possédaient autrefois. On tourne une page, et nous voilà soudain plongés dans un paysage de souvenirs perdus, foisonnant de vies recréées par l’écrivain et créateur Randall Okita. À travers un voyage qui traverse des pays et des générations, Okita nous guide, construisant parfois physiquement chaque nouvelle scène comme s’il mettait en scène un film pour un seul spectateur.

Une narration linéaire puissante est équilibrée par des moments d’interaction qui enrichissent notre compréhension de l’histoire. Une chorégraphie fluide nous déplace dans l’espace, engageant nos émotions par l’action physique. Nous découvrons des photos de famille et des documents d’archives qui nous rappellent que ce voyage raconte l’histoire réelle du grand-père de Randall, un immigrant arrivé au Canada dans les années 1930, emprisonné peu après par le gouvernement en raison de ses origines japonaises.

L’histoire se déploie à partir de cet instant — un moment que Randall Okita rejoue pour lui-même, dans une tentative de comprendre le parcours de son grand-père. À travers le médium de la réalité virtuelle, l’artiste nous invite à participer à son acte d’imagination. Ce court récit d’environ 25 minutes nous donne, à la fin, l’impression d’avoir été transportés ailleurs.

Le livre de la distance est disponible sur Steam, Viveport et l’Oculus Store, en anglais, français et japonais.
CRÉDITS
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Écrit et créé par
Randall Okita

Produit par
David Oppenheim

Productrice exécutive
Anita Lee

Productrice associée
Kate Vollum

Chefs de projet
Oliva Amu
Jessica Parsons


Directeur artistique
Sam Javanrouh

Artiste principale
Emma Burkeitt

Programmeur principal
Luke Ruminski

Artistes 3D
Jeremy Canton
Paul Constance


Artiste conceptuel
Mohammed Karam

Programmeurs
Michael Sebele
Jord Farrell

Musique et conception sonore
Menalon

Animation de Rigger
Twisted Mountain

Technicien MoCap
Aylwin Lo

Avec
Lloyd Okita

Consultants en histoire
David Bezmozgis
Kerri Sakamoto


Consultant UX
Stefan Grambart

Consultant en animation
Aleks Berland

Animateurs
Moysis Antoniou
Prashanth Bhogaraju
Kerie Green
Liam McLaughlin

Conception graphique
Geoff Watson

Coordonnateurs de production
Jennifer Bertling
Andrew Martin-Smith
Frances Nyarko-Mensah


Directeur des opérations du studio
Mark Wilson

Superviseur de production
Marcus Matyas

Coordinateur technique
Kevin Riley

Administratrice du studio
Patricia Bourgeois
Stefanie Brantner
Leslie Anne Poyntz



Responsable de la production d'unité, tournage au Japon
Jennifer Bertling

Interprètes
Tomomi Kataoka
Catherine Sachi Kikuchi


Chercheuse en archives
Pamela Grimaud

Conseiller juridique
Peter Kallianiotis

Publiciste
Jennifer Mair

Responsables marketing
Gabrielle Harvey
Tammy Peddle
Laurianne Désormiers


Coordonnatrices marketing
Sophie Thouin
Stéphanie Quevillon
Eric Bondo


Stratèges des médias sociaux
Emilie Nguyen Ngoc
Hannah Martin


Gestionnaires de communauté
Alyssia Duval-Nguon
Melissa Sauvé


SYSTÈMES D'INFORMATION ET TECHNOLOGIES
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Spécialiste senior DevOps et infrastructure
Sergiu Raul Suciu

Responsable, Infrastructure des systèmes
Bruno Gervasi

R&D

Ingénieur, Développement et Médias
Frank Nadeau

SERVICES TECHNIQUES
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Coordonnatrice technique, projets
Mira Mailhot

PLATEFORMES NUMÉRIQUES
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Directeur, R&D et plateformes numériques
Jimmy Fournier

Gestionnaire de projets, produits numériques
Catherine Perreault

Coordinatrice technique, produits numériques
Ana Appleyard

PHASE DE DÉVELOPPEMENT
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Chef de projet, développement
Robert Sandberg

Responsable artistique, développement
Sam Javanrouh

Artistes 3D
Omran Faour
Jenny Bermas

Artiste concept, développement
Rupinder Bhogal

Graphiste, Développement
Alexander Perkins

Storyboard Artist, Développement
Pavel Loudine

Concepteur de production
Matthew Morgan
PHASE DE DÉVELOPPEMENT
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Chef de projet, développement
Robert Sandberg

Responsable artistique, développement
Sam Javanrouh

Artistes 3D
Omran Faour
Jenny Bermas

Artiste concept, développement
Rupinder Bhogal

Graphiste, Développement
Alexander Perkins

Storyboard Artist, Développement
Pavel Loudine

Concepteur de production
Matthew Morgan

Programmeur principal, développement
Stephan Tanguay

Programmeurs, Développement
Nicholas Fox Gieg
Matthew Fabb


Programmeurs juniors, développement
Marishka Kalathil Zachariah
Jord Farrell


R&D technique
Jonathon Corbier
Tyler Sammy


Développeur Unity, Développement
Aylwin Lo

Consultant UX, Développement
Pietro Gagliano

Éditeur de démonstration et développement
Mike Reisacher

Conception et développement de microsites
Trevor Kerr

Coordonnatrice de production, développement
Carly Kastner

Assistant de production, développement
Max Wolford

Musique supplémentaire
« Sendo Kawaiya »
interprétée par Otomaru
Écrit par Kikutaro Takahashi, Yuji Koseki
Publié par Zen-on Music Company Limited
Avec l'aimable autorisation de Nippon Columbia Co., LTD./NIPPONOPHONE

« Take It Easy »
Composé et produit par Giorgio Di Campo,
sous licence FreeSound Music

Images d'archives avec l'aimable autorisation de
la famille Okita
Nikkei National Museum & Cultural Centre
Catalogue des archives nationales à College Park (États-Unis)
Newspapers.com
Bibliothèque et Archives Canada / C-057249
Archives de la ville de Vancouver
Livres rares et collections spéciales, Bibliothèque de l'Université de la Colombie-Britannique ou Archives universitaires

Les producteurs tiennent à remercier

Stratégie de contenu
Christina Lee Storm

Stratège du flux de travail d'animation
Jubin Dave

Demian Gordon

Société de capture de mouvement

Un merci spécial à

Yonezo Okita •  Yeiko Okita • Lloyd Okita • Yvonne Yates • Grace An • Eloi Champagne • Dane Clark Michael Fukushima • Trevor Kerr • Kimberly Anne Laferrière • Joanne Lam • Lea Marin • Spencer Maybee • Kiara Mikita • Maral Mohammadian • Kerry Okita • Pat O'Toole • Pauline Rosenbaum • Tania Thompson • Michelle Van Beusekom • Mark Van de Ven
PRIX ET DISTINCTIONS
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  • LAURÉAT – MEILLEURE OEUVRE | Japan Prize, Division média numérique (2020)
  • LAURÉAT – BEST NARRATIVE EXPERIENCE | The Webby Awards (2021)
  • LAURÉAT – MEILLEURE EXPÉRIENCE IMMERSIVE | Prix Écrans canadiens (2021)
  • LAURÉAT – GOLDEN FIREBALL AWARD | Kaohsiung Film Festival – VR (2020)
  • LAURÉAT – MEILLEURE OEUVRE IMMERSIVE | StorySandbox Immersive Festival (2021)
  • LAURÉAT – MEILLEURE OEUVRE VR | Beyond the Frame Festival (2021)
  • LAURÉAT – PRIX HORIZON | Festival du nouveau cinéma de Montréal (2020)
  • LAURÉAT – MEILLEURE OEUVRE D’ANIMATION | Festival international du film de Vancouver, VIFF Immersed (2020)
  • LAURÉAT – ROCKIE AWARDS | Interactive: Youth (11-17)Banff World Media Festival (2021)
  • LAURÉAT – FWA of the Day | The FWA Awards (2020)
  • LAURÉAT – BEST XP OF THE YEAR | XR Awards (2020)
  • LAURÉAT – COMPAGNIE DE PRODUCTION DE L’ANNÉE | National Film Board of CanadaXR Awards (2020)
  • LAURÉAT – RÉALISATEUR DE L’ANNÉE (Randall Okita) | XR Awards (2020)
  • LAURÉAT – BEST CINEMATOGRAPHY OR VISUAL DESIGN | XR Awards (2020)
  • LAURÉAT – MEILLEURE HISTOIRE | XR Awards (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Sundance Film Festival – New Frontier, Park City, Utah, USA (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Tribeca Film Festival – Tribeca Immersive (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Hot Docs Canadian International Documentary Festival – DocX (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Tribeca Virtual Arcade @ Cannes XR (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Bucheon International Fantastic Film Festival (BIFAN) – Beyond Reality 2020 exhibition
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Festival international du film de Venise – Venice VR Expanded (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | New Images Festival – XR Competition (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Festival international du film d’animation d’Ottawa – VR Competition (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | DFA Doc Lab – Spotlight (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | London Film Week – VR Showcase (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Fipadoc – Smart (2020)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Games for Change Festival – Arcade Immersive (2021)
  • SÉLECTION OFFICIELLE |Powell Street Festival (2021)
  • FINALISTE | Expérience VR de l’annéeVR Awards (2021)
  • SÉLECTION OFFICIELLE | Ji.hlava International Documentary Film Festival (2021)
LES ENTRETIENS
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Entretien avec le créateur Randall Okita
Pourquoi avez-vous décidé de mettre en scène l’histoire de votre grand-père ?

Souvent, l’histoire de nos grands-parents et de notre famille nous parvient par bribes. Avec Le livre de la distance, je tente de retracer tout ce que mon grand-père n’a jamais dit — y compris certains épisodes dont le souvenir était peut-être trop douloureux pour lui. Je voulais réimaginer ce qu’il avait vécu, recréer une expérience qui permettrait aux gens de participer et de devenir des témoins.


Pourquoi avez-vous choisi la réalité virtuelle pour raconter cette histoire ?

La réalité virtuelle offre de nouvelles possibilités de visualiser des fragments d’histoire et d’interagir avec eux. Lorsque j’ai commencé à faire des expériences avec la RV, il m’a semblé que je pourrais réimaginer, d’une manière complètement différente, des moments que j’avais déjà vus en pensée tant de fois. Je pourrais être spectateur et participant. Ces possibilités me fascinaient, et le projet est parti de là.

Je voulais aussi surmonter une des faiblesses de nombreuses expériences de RV qui ont une forte composante narrative : la peur de décrocher si l’on rate certains éléments clés de l’histoire parce qu’on regarde ailleurs ou qu’on n’accorde pas assez d’attention aux aspects importants.

Ce que je voulais, c’était créer un espace interactif à la fois construit et fictif, mais avec des couches de réalisme — tout cela en indiquant aux spectateurs où ils sont censés être. Ainsi, ils peuvent se détendre et profiter de l’expérience immersive tout en participant à l’histoire qui se déroule autour d’eux.


L’esthétique et l’atmosphère sont toujours cruciales dans les expériences de RV. Parlez-moi de vos choix stylistiques.

Je dirais qu’il s’agit de théâtre magique minimaliste. J’ai intentionnellement créé les décors dans l’esprit du théâtre et de la gravure sur bois japonaise. Cela transparaît à peu près partout — dans l’éclairage, la musique, les transitions, etc. Beaucoup de décors sont plats, avec des éléments comme des vagues et des nuages en 2D qui ondulent. Tous ces objets ont été fabriqués à la main par des artistes, puis ont été animés.

Je souhaitais — contrairement à ce qui se produit dans les environnements très travaillés de nombreuses productions en RV — que les spectateurs aient conscience du fait que nous étions en train de construire à la main un espace matériel fondé sur l’imagination active.


Les protagonistes n’ont pas d’expressions faciales et ne parlent pas. Pourtant, ils racontent beaucoup de choses. Comment êtes-vous parvenu à faire cela ?

L’idée du théâtre magique nous a permis de limiter les détails aux aspects qui, selon moi, étaient importants pour raconter l’histoire et pour évoquer l’émotion du voyage. Je voulais que les spectateurs se concentrent sur la présence des protagonistes dans cette situation et cette période précises, plutôt que de tenter de décoder les sentiments à l’aide des expressions faciales ou des mots. De cette façon, les spectateurs peuvent s’identifier aux personnages d’une manière différente.

J’aime beaucoup l’idée de dire aux gens : « C’est une histoire que nous vous racontons » — une histoire qui émerge de ma connaissance imparfaite du passé de mon grand-père et dont les vides sont comblés par les hypothèses les plus plausibles. Si l’on peut faire cela sans que les spectateurs se détachent de l’histoire et des protagonistes sur le plan émotionnel, c’est là qu’intervient la vraie magie.


Vous vous êtes prêté vous-même à la capture de mouvements pour certains protagonistes. Comment vous êtes-vous senti lorsque vous avez personnifié votre grand-père alors qu’il était un jeune homme ?

C’était absolument fabuleux. Je connais son allure, sa démarche, les blessures qu’il s’est faites à la ferme et la façon dont elles sont ressorties avec l’âge. L’incarner physiquement fut une belle et inspirante expérience.


Pourquoi avez-vous décidé de vous inclure, en tant que protagoniste actuel, dans cette démarche ?

Je crois qu’il importe de montrer que je participe à la construction de ces idées et que j’imagine ces souvenirs associés à l’histoire de mon grand-père. Mais il est aussi question de la démarche que je fais pour prendre contact avec cette histoire et avec ce qui s’est produit, pour donner un sens à ce que mon grand-père a traversé. Même l’inexactitude de mon imagination et les artifices que je propose au spectateur ont de l’importance. Ce sont ces interconnexions qui rendent l’expérience aussi intéressante.


Si votre grand-père vivait encore aujourd’hui, comment réagirait-il à ce projet, selon vous ?

Je crois qu’il trouverait cela un peu drôle et qu’il ne dirait rien. Je pense qu’il aurait le sentiment de trop attirer l’attention. Il préférerait probablement retourner dans l’ombre et aller jardiner. Mais je crois qu’il serait aussi plutôt content que nous puissions raconter son histoire.

Votre grand-père est venu au Canada en souhaitant y trouver une meilleure vie. Croyez-vous qu’il a retrouvé cet espoir après avoir été interné ?

Je crois que oui. Il a été en mesure de continuer sa vie. À ma connaissance, il n’était pas habité par la colère. C’était un homme infiniment paisible, mais aussi d’une incroyable gentillesse. Je crois qu’il était très fier de ce qu’il a pu accomplir. J’aime à penser qu’il voyait les choses aller dans la bonne direction.


Ce projet a-t-il donné lieu à d’agréables surprises ?

Ce qui me fait particulièrement plaisir, c’est lorsque les gens qui ont expérimenté Le Livre de la distance parlent des souvenirs que cette production leur a inspirés. Je suis très fier de cette création et d’être en mesure de la partager au nom de ma famille, mais j’aime aussi avoir ce type de rétroactions des gens — lorsqu’ils évoquent les albums et les boîtes à chaussures remplis de photos qu’ils possèdent. Cela me confirme que j’ai atteint mon but. Il s’agit d’une histoire parmi tant d’autres, et si les gens peuvent en tirer quelque chose, je crois que c’est formidable.
Entretien avec le producteur David Oppenheim
Qu’est-ce qui a amené l’ONF à collaborer à l’œuvre de Randall Okita Le livre de la distance ?

À l’été 2016, le Studio de l’Ontario (Toronto) de l’ONF a invité quelques artistes à faire l’essai de certains nouveaux outils de RV. L’ONF connaissait déjà Randall en tant que réalisateur du court métrage d’animation Des ondes et des ombres, de même que pour ses sculptures et ses installations. Nous avons pensé qu’il trouverait intéressant d’explorer la RV en profondeur en tant que média artistique.


Quelle a été la genèse du projet ?

Le concept de base de l’oeuvre a véritablement fait surface lorsque Randall a commencé à explorer le parcours de son grand-père.

Nous avons choisi de raconter une histoire qui, selon nous, pouvait ajouter à la conversation sur cette période sombre du passé de notre pays et sur le monde dans lequel nous vivons maintenant. Compte tenu du bagage artistique de Randall en cinéma, en sculpture et en interprétation, nous avions le sentiment qu’il pouvait tirer parti de la RV pour construire son récit de manière intéressante et, surtout, trouver la façon de l’intégrer à un média qui mise sur la présence physique et l’espace. Nous savions qu’il pourrait donner vie à cette expérience en empruntant aux autres formes d’art qu’il avait déjà utilisées par le passé.


Qu’est-ce que ce projet apporte à l’espace virtuel ?

Raconter une bonne histoire de façon interactive peut sembler facile — il suffit de donner des choix au spectateur —, mais en fait, il est extrêmement difficile de trouver l’équilibre entre la puissance du récit linéaire livré par l’auteur et le pouvoir que détient le spectateur du fait qu’il peut agir dans l’histoire.

Le fait de travailler avec Randall était une magnifique occasion d’explorer et de perfectionner les affordances et les possibilités du récit en RV. Le livre de la distance possède une solide trame narrative linéaire du point de vue du réalisateur, mais il permet aussi au spectateur de parcourir les paysages et de participer physiquement à l’histoire.

Randall a remarquablement bien réussi à atteindre cet équilibre. Tous les éléments de l’expérience s’imbriquent de façon naturelle et agréable — comme s’il allait parfaitement de soi d’assister à ces moments dramatiques et d’y participer dans un espace virtuel. Comme pour toute œuvre d’art évocatrice, celle-ci offre l’espace voulu pour que le spectateur s’y projette. Randall nous demande ce qui pourrait arriver s’il était possible d’effacer la distance qui nous sépare de nos souvenirs et, ultimement, ce que ce serait de ne pas avoir à vivre dans cet espace intermédiaire. C’est une proposition très attrayante. Même si cette histoire appartient au passé de la famille de Randall, au bout du compte, nous nous posons des questions sur notre propre histoire.


Qu’est-ce que ce projet apporte à l’espace collectif ?

Réduire une communauté au silence ne peut se traduire que par une grande perte, dont les répercussions résonnent de génération en génération. En donnant à Randall une plateforme pour raconter son histoire, nous tentons de nous réapproprier ces histoires perdues et, idéalement, d’ouvrir l’espace en vue d’entretenir le dialogue.

Randall Okita

Scénariste et créateur

Randall Okita est un artiste et réalisateur canadien qui combine sculpture, technologie, performances physiques intenses, cascades et une direction de la photographie innovante dans ses œuvres. Celles-ci ont été exposées dans des galeries, tant collectives qu’individuelles, et ont remporté des prix internationaux tout en étant projetées dans des festivals à travers le monde. Né et ayant grandi à Calgary, en Alberta, il réside actuellement à Toronto et au Japon.

David Oppenheim

Producteur

David Oppenheim a, entre autres, réalisé The Book of Distance (Sundance New Frontier), Draw Me Close (Tribeca Storyscapes, Festival du film de Venise), ainsi que la production primée au Webby Award, Universe Within, et le documentaire interactif The Space We Hold, lauréat du prix Peabody-Facebook Futures of Media. Actuellement, David travaille sur divers projets de documentaires créatifs, ainsi que sur des productions interactives et immersives, tout en dirigeant le Lab XR du Studio.

Anita Lee

Productrice exécutive

Anita Lee, productrice exécutive, dirige le Studio de l’Ontario de l’ONF à Toronto. Elle a supervisé avec succès de nombreux films et projets interactifs primés, dont Book of Distance. Par ailleurs, elle a fondé le laboratoire de création de récits documentaires immersifs de l’ONF à Toronto, qui a collaboré avec le Media Lab du CFC et la Ford Foundation pour créer le programme de résidence Open Immersion VR Lab, ainsi que le NFB/NT Creative Doc VR Lab en partenariat avec le National Theatre (R.-U.).



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